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La pesanteur du rêve

La pesanteur du rêve

Le jour n’est plus qu’un lointain souvenir. Chaque seconde, interminable, rend la nuit plus profonde. Dehors, les lumières jaunes des appartements s’éteignent les unes après les autres, et les immeubles ressemblent à des damiers sans contraste.

Dans la rue en bas, le réverbère éclaire un rond de trottoir avec une banalité désespérante : projecteur sur une scène vide.

À travers la réflexion de son corps dans la vitre, elle sonde le silence.

Où est l’homme ? Celui pour lequel elle a veillé si tard ? Viendra-t-il encore ?

Elle libère le lourd rideau, l’extérieur disparait. Épuisée, elle s’affale sur le fauteuil. Ses yeux se ferment.

Elle remonte sur elle la couverture, et la chaleur du tissu sur ses jambes fait naître en elle une douce émotion. Un effort d’imagination plus tard et ce sont les mains de l’homme, qui en glissant le long de ses cuisses, chauffent sa peau.

Bientôt, ces mêmes mains, rugueuses, chaudes, épousent les contours de son corps nu: la rondeur de ses hanches, le creux soudain de sa taille, l’élargissement de son buste et sa poitrine, docile, façonnable, sur laquelle elles s’attardent, longtemps.

Elle sent des yeux posés sur elle. Elle sait qu’ils la dévorent. Elle mesure leur impatience.

Elle devine la pointe d’une langue contre la pulpe de ses lèvres ; elle frissonne, réagit en pressant sa bouche contre celle de son amant… mais il est absent, elle ne l’oublie pas.

Elle se concentre, et les lèvres reviennent. Elle les sent pour de bon.

Deux mains serrent sa taille, parcourent son corps avec énergie. Les parties charnues sont étreintes, les autres délaissées. Il la couche, s’allonge sur elle : elle sent son poids.

La sensation est intense, écrasante, délicieuse.

Elle s’ouvre et il l’emplit. Les corps se fondent l’un dans l’autre. Elle absorbe sa masse tandis qu’au creux de ses reins le plaisir picote, il vient. Une série d’étincelles, un bourdonnement, sourd.

Son coeur palpite, les images se brouillent. Elle voit l’homme et ses muscles qui l’enserrent, la pilotent et la canonnent sans répit. Elle attend l’explosion finale.

Son ventre et sa main s’entendent à merveille. L’issue est inévitable.

Le point de non-retour est atteint : ça tonne au loin. Enfin :

Boum ! Boum ! Boum ! Boum.

Le souffle court, elle ouvre les yeux. La réalité est là. Il n’y a pas d’homme ce soir.

Viendra-t-il demain ?

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8 réflexions au sujet de « La pesanteur du rêve »

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