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Psycho pour tous : l’estime de soi

L’estime de soi, c’est une estimation.

C’est tout bête, mais c’est si réconfortant. Je ne sais pas vous mais moi, je suis souvent très dur avec moi-même. Tenez, par exemple, ces 3 dernières semaines je me suis nourris d’angoisse et de stress, arrosé d’insomnies, le tout sur son lit de dépression. Un régime qui m’a bien lavé le cerveau, comme un mouchoir oublié dans la machine à laver de la vie. On dira que je suis lessivé.

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Oui, je sais, je suis un grand poète 😀

L’estime de soi, pour ton cerveau, c’est l’estimation de la distance entre la personne que tu crois être, et celle que tu rêves de devenir.

 

Et tout le monde s’en fout vient de réaliser un épisode sur l’estime de soi, dont sont tirées les citations dans cet article. Je vous invite à regarder la vidéo et on en parle après.

 

Selon Christophe André et François Lelord, l’estime de soi c’est la combinaison de 3 éléments:

1. l’amour de soi

L’amour de soi, c’est quand tes besoins sont cohérents avec tes valeurs. Et que tu les respectes en les nourrissant régulièrement.

C’est intéressant à plus d’un titre, car dans mon cas, j’ai parfois l’impression d’aller contre mes besoins, même si mes valeurs sont respectées. Je vous explique:

Je travaille dans le développement web pour une jeune compagnie au Canada qui s’occupe principalement d’aider des organismes de charités, des ONGs et des initiatives locales. Pas mal, ça colle bien à mes valeurs. De plus, une de mes valeurs est la loyauté et l’authenticité, et comme mes collègues sont des amis de longue date, je suis heureux à l’idée de les aider.

Mes besoins en revanche, sont de passer du temps avec ma famille, mes amis, travailler dans un espace lumineux et riche, où l’on utilise son corps autant que son esprit, où l’ambiance est bonne, où le contact avec l’autre est constant ; un boulot, ça doit être fun, c’est un tiers de sa vie. Oui mais voilà, en ce moment pour moi, ce n’est pas le cas. Je travaille souvent seul ou depuis la maison. Je suis loin de ma famille, et de la plupart de mes amis. Ma petite amie et moi avons plutôt tendance à regarder la télé qu’à sortir ensemble, c’est la routine. Résultat, je suis en colère contre moi-même pour ne pas être capable d’être celui que je veux être.

2. L’image de soi

L’image de soi, c’est comment tu te vois, comment tu te parles, et surtout comment tu te juges.

Et là, il a raison, ça ne dépend pas que de toi, ça dépend aussi de ta famille, de tes potes, etc. Mais l’image de soi nous appartient, on en change si l’on veut.

Tenez, prenez moi par exemple — oui je sais, on me prend comme exemple à chaque fois, mais qu’est-ce que vous voulez, ça me fait du bien de vous parler. L’image que j’ai de moi est très difficile à décrire, ce que je sais, c’est que je me juge durement, que je ne me donne pas souvent le droit à l’erreur, qu’aller à l’encontre de mes valeurs est un traîtrise que je ne tolère que parce que je réfléchis et essaie de m’accepter. En gros, je me vois comme un activiste en campagne, toujours conscient de ce qu’il faut et ne faut pas faire, qui essaie de ne pas trop juger les autres — vivre au Canada m’a beaucoup aidé —, mais intransigeant vis-à-vis de lui même. Si j’arrêtais d’essayer de sauver la planète demain ?Le monde s’en ressentirait ? J’ai du travail à faire, ou plutôt disons du plaisir à prendre, à mettre de l’eau dans mon vin.

3. La confiance en soi

En gros, c’est quand tu fais quelque chose, parce que tu es persuadé que tu peux le faire.

De la confiance en moi, j’en ai. Je puise sans cesse dans mes expériences passées pour me remémorer que j’y suis arrivé, que rien n’est impossible. J’ai quitté mon pays, appris un nouveau langage, appris plusieurs métiers par moi-même, survécu à des crises majeures. Alors même si je suis timide, j’ose. C’est un peu aussi pour ça que je suis aussi exigeant vis-à-vis de moi-même.

Il faut se rappeler qu’oser ne peut amener que deux résultats:

  1. Ou ça marche.
  2. Ou on apprend.

Et c’est vrai.

Développer l’estime de soi.

3 pistes pour développer — ou polir, ou sauvegarder, ou redorer, ou ce que vous voulez — l’estime de soi:

  • Avoir des gens sur qui on peut compter. Des gens tolérants qui t’aiment c’est mieux.
  • Connaître ses limites et les respecter. Mais ça ne doit pas être enfermant, c’est une question de respect, pas d’autorité.
  • Être capable de penser au présent.

Cette dernière piste est très juste, car en effet, l’angoisse est souvent la projection dans le futur d’un évènement passé.

Tu trouves ça pertinent de flipper à propos d’un truc qu’existe pas en te basant sur un truc qu’existe plus?

Je suis le premier à angoisser et à trouver ça con à la fois. Le futur m’angoisse, le passé aussi, j’ai parfois du mal à vivre au présent.

C’est pour cette raison-là qu’il faut arrêter de penser parfois, pour simplement y aller (vers celui ou celle qu’on veut devenir). Vivre comme celui  ou celle qu’on aimerait être, pour devenir celui ou celle qu’on est devenu. C’est capilo-tracté je sais, mais plutôt simple quand on y pense : c’est un peu comme changer d’habitude, on prend le pli en quelques semaines et on se transforme sans s’en rendre compte, on est devenu déjà quelqu’un d’autre, et c’est à cette personne-là qu’on veut ressembler. Alea jacta est.

Un dernier conseil nous vient de la vidéo:

L’estime de toi ne peut dépendre que de toi, et pas de ta comparaison avec le reste du monde.

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21 réflexions au sujet de « Psycho pour tous : l’estime de soi »

  1. En Occident, on n’ose pas gratifier l’enfant de ses efforts d’un « ouais, bravo » mais on lui offre des tas de trucs comme « cadeaux », ce qui est paradoxal ! Un enfant aura un estime de soi équilibré s’il est écouté, encouragé, en confiance. Pas facile de récupérer l’estime de soi brimé et bafoué, car nous ne sommes pas éduqués à « nous autocongratuler »… Donc, je pense que la méditation, pouvoir se regarder, c’est s’apaiser. S’apaiser, c’est reconnaître ce qui Est, donc sa valeur simple et honnête. L’estime de soi vient donc naturellement par la suite. Toutes les méthodes américaines « just do it » sont assez peu concluantes selon moi. Mais là encore, chacun voit midi à sa porte 🙂

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    1. Très bonne remarque en effet. En vivant au Canada j’ai été surpris d’entendre de la part d’amis adultes que les enfants sont moins brimés à l’école, qu’on les encourage au contraire. Le respect de l’individualité et des aspirations personnelles est ici très présent. Cela ne fait pas tout, mais quelque part c’est positif.

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  2. J’ai beaucoup aimé la vidéo de « Et tout le monde s’en fout », je dois dire que je l’ai regardé trois ou quatre fois à différents moments difficiles de ces dernières semaines. Lorsque je te lis, je me rend compte qu’on se ressemble, je suis également très dur avec moi-même. Néanmoins, j’y travaille. Soit dit en passant, très bon article! 😉

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    1. merci pour ton commentaire 🙂 🙂
      cette vidéo m’a fait un bien fou, c’est une piqûre de rappel pour nous tous. cela fait 2 mois que je suis dans une mauvaise passe, disons, un moment charnière de ma vie. l’avantage c’est que j’apprends sur moi même et que je découvre des tas de gens qui cherchent à améliorer leur bien être et celui des autres.
      je ferai un autre article bientôt 🙂

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  3. EXCELLENT! j’adore la vidéo car j’ai bien ri et ça c’est bon pour l’estime de soi 😉
    j’ai l’impression que cette vidéo et ton billet m’ont fait plus de bien que la lecture des bouquins de christophe et lelord! merciii 🙂

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  4. Bonsoir,
    Je te remercie pour ton article… Je me retrouve un petit peu dans ton article. En effet, l’estime de soi est quelque chose de difficile à travailler, je le sais étant donné que je travaille sur ce sujet ces temps-ci. Je suis aussi très dure avec moi-même, je souhaite que ce que j’accomplis soit parfait. Impossible en fait… Le résultat, étant que finalement, les trois quarts du temps, j’entend les bonnes critiques sur moi de mon entourage mais ne les entend pas enfin de compte (grosse différence entre entendre et écouter). C’est un travail important que j’accomplis actuellement qui me fait m’en rendre compte. Petit à petit les choses changent. Une personne dernièrement m’a dit que la confiance en soi ne pouvait pas vraiment se mesurer. En effet, il y a de nombreux domaines où cette composante entre en jeu (vie professionnel, avec son responsable, avec ses collègues… / vie personnelle, avec son mari, ses enfants, ses amis, sa famille…). Difficile donc de jauger son niveau de confiance en soi, par contre on peut travailler sur son estime de soi et tout est lié dans tous les cas. Bref, ce serait très long à développer… mais je travaille également sur ce sujet là et c’est ce qui me fait t’écrire un roman en guise de commentaire (rires).
    J’en parle également dans mon blog, si cela t’intéresse.
    A très bientôt en tout cas pour échanger,
    Jessica

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    1. Merci Jessica pour ton commentaire, et bien sûr aucun problème pour les fautes de frappe 😀
      J’ai mis du temps à te répondre, je voulais prendre le temps d’écrire quelque chose de bien!
      Je suis allé faire un tour sur ton blog, j’aime bien la façon dont tu rédiges tes article. Les sujets sont aussi très intéressants.
      Ça m’a fait très plaisir de lire ta réaction à cet article. Quel genre de travail accomplis-tu sur l’estime de soi? Pour ma part j’avance dans la direction de la méditation pleine conscience et le lâcher prise, ça m’aide beaucoup. Je lis en ce moment Imparfait, libre et heureux de Christophe André sur le sujet. J’en parlerais prochainement.

      À bientôt

      Aimé par 1 personne

      1. Bonsoir,
        Cela me fait très plaisir d’avoir ta réponse et tes retours sur mon blog. 😊
        Je m’intéresse à beaucoup de sujets différents mais la base reste toujours l’alimentation et l’art. 😉
        Oui, j’ai eu un coup de cœur pour ton article, c’est pour cela que j’ai écris mon long commentaire ahah. 🙂
        Je suis actuellement en pleins travail avec une psy sur beaucoup de choses en même temps mais globalement pour commencer mon travail a été de ne pas faire de fuite en avant comme je l’ai souvent fait et donc d’arrêter, de stopper la machine… pour mieux repartir. C’est assez compliqué à faire pour moi, pour mon caractère. J’ai toujours fait des choses pour un intérêt précis (connaissances, travail…) et on me demande de me reconnecter à moi-même. Je développe ce sujet dans la partie « sac de Mary Poppins ». Je pense que tu comprendras mieux ce que j’explique à cet instant. 😉
        Je travaille donc plutôt sur le lâcher-prise actuellement. J’ai lu beaucoup de livres de développement personnel mais j’ai eu beaucoup de mal à appliquer les méthodes. Je crois avoir vu ce livre dernièrement… mais je ne l’ai pas acheté par contre. Peut être plus tard… après avoir lu ta critique sur ce livre.

        À très bientôt,
        Jessica

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