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Mr Gwyn, Alessandro Baricco, la critique.

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Mon chien Biru recommande cette lecture.

Un livre qui aborde avec poésie la question de peindre un portrait avec des mots.

J’ai entendu parler de ce roman sur un des blogs que je tente de suivre — pardon, j’ai oublié lequel.

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment écrire de critique. Alors je vais essayer de ne pas m’éloigner de l’essentiel: le livre. Un livre que j’ai lu et aimé.

 

Le résumé

Romancier britannique dans la fleur de l’âge, Jasper Gwyn a à son actif trois romans qui lui ont valu un honnête succès public et critique. Pourtant, il publie dans The Guardian un article dans lequel il dresse la liste des cinquante-deux choses qu’il ne fera plus, la dernière étant: écrire un roman.
Son agent, Tom Bruce Shepperd, prend cette déclaration pour une provocation, mais, lorsqu’il appelle l’écrivain, il comprend que ça n’en est pas une : Gwyn est tout à fait déterminé.
Simplement, il ne sait pas ce qu’il va faire ensuite. Au terme d’une année sabbatique, il a trouvé: il veut réaliser des portraits, à la façon d’un peintre, mais des portraits écrits qui ne soient pas de banales descriptions.
Dans ce but, il cherche un atelier, soigne la lumière, l’ambiance sonore et le décor, puis il se met en quête de modèles. C’est le début d’une expérience hors norme qui mettra l’écrivain repenti à rude épreuve.

Qu’est-ce qu’un artiste? s’interroge Alessandro Baricco, dans ce roman intrigant, brillant et formidablement élégant. Pour répondre à cette question, il nous invite à suivre le parcours de son Mr Gwyn, mi-jeu sophistiqué mi-aventure cocasse. Et, s’il nous livre la clé du mystère Gwyn, l’issue sera naturellement inattendue.

 

L’écriture

Le style est simple, élégant, sans manquer de poésie. Les évènements ont de l’énergie, même s’ils sont enrobés d’une certaine douceur. C’est efficace et ça se lit très bien. Ce qui m’a plu le plus, c’est le réalisme. L’auteur ne cède pas aux clichés, ses personnages sont bien écrits, spécialement Jasper Gwyn et Rebecca. Ils ont une identité propre, la femme n’est pas le meilleur ami de l’homme, elle est d’ailleurs essentielle à la narration et au déroulement. C’est la plus intéressante de tous. Le personnage de Tom, en revanche, ne m’a pas trop intéressé.

Il y a des passages que j’ai trouvé très intéressants, par ce qu’ils sont beaux, justes, originaux, ou un mélange des trois.

Ainsi à 13 heures elle se levait, prenait ses affaires et passer saluer Tom. Tous deux savaient où elle allait, mais faisaient semblant de rien. De temps en temps il jetait juste un coup d’oeil à sa tenue. Il pensait peut-être pouvoir en déduire quelque chose, qui sait.

Parfois, on ignore si c’est de la poésie, ou simplement une façon de réécrire l’histoire depuis un angle nouveau. Certains trouveront cela raté, moi j’aime bien.

Elle arriva chez Jasper Gwyn et se pendit à la sonnette. Son désir de voir la porte s’ouvrir était tel qu’à la fin elle s’ouvrit.

Un des personnages s’interroge.

Elle pensa qu’il fallait condamner ceux qui, nombreux, ne sont pas capables de toucher sans faire mal.

Elle me plait cette phrase, parce que quand on y réfléchit, on peut toucher sans faire mal, et c’est bien plus beau. Je vous donne un exemple qui n’a rien à voir avec la critique de Mr Gwyn ; il y a une heure de cela, j’ai reconnecté par mail avec une amie après des années de silence. L’une des premières choses qu’elle me dira, c’est que j’ai fait une faute de frappe dans mon message précédent. C’est sûr, c’est pas la fin du monde, mais ce serait tellement plus beau de ne pas avoir à passer par là pour se toucher.

Un autre extrait, à propos du même personnage odieux:

Elle s’en alla en laissant la porte ouverte — elle marchait légèrement de travers, comme si elle devait se faufiler dans un espace étroit pour échapper à ce qu’elle était.

Cette phrase, je l’ai relue quatre ou cinq fois.

La suivante est simplement belle:

Le vieil homme eut peut-être les larmes aux yeux, mais on ne pouvait l’affirmer, parce que les yeux des vieux pleurent toujours un peu.

 

Conclusion

Lisez-le si vous aimez les histoires poétiques, si vous aimez l’art et la peinture, si vous aimez les personnages réalistes et les aventures hors du commun, si vous aimez quand ça commence par une idée simple et un peu bizarre, si vous avez envie de ressentir des émotions variées et complémentaires. Un peu sucrées-salées.

 

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4 réflexions au sujet de « Mr Gwyn, Alessandro Baricco, la critique. »

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