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1Q84 Livre 1, les meilleurs extraits

murakamiJe ne sais plus où j’ai entendu parler de 1Q84, ni combien de fois. Comme il était disponible à la bibliothèque de mon quartier et que j’essaie de m’intéresser à tous les types de livres (du moment qu’il sont bien écrits), je l’ai réservé.

À partir de cet instant, ma patience s’est raréfiée, si bien que lorsque ma bibliothèque recevait enfin le livre, je m’y ruai pour l’enlever, et nous enfermer tout deux dans mon petit appartement.

 

L’incipit de 1Q84

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En ouvrant 1Q84, je découvris un style plaisant, auquel je m’identifiai tout de suite. Vous savez, ce moment on se dit que ce passage là on aurait pu (ou dû) l’écrire.

 

OK Harry, je n’ai pas le talent de Murakami.

Sans plus de présentations, je vous laisse donc avec les meilleurs extraits du livre 1.

 

Cependant, face à Fukaéri, cette toute jeune fille de dix-sept ans, Tengo ressentit comme un violent tremblement de cœur. La même sensation que lorsqu’il avait vu ses photos, la première fois. Mais à présent elle était là devant lui et, intérieurement, il en tremblait bien plus fort. Ce n’était ni un sentiment amoureux, ni un désir sexuel. Il avait l’impression que quelque chose s’était glissé par un interstice et chercher à combler un vide en lui. Non pas que Fukaéri ait créé ce vide. Il existait à l’intérieur de Tengo depuis toujours. Elle y avait seulement apporté sa lumière spéciale et l’avait illuminé d’un nouvel éclairage.

L’homme parlait avec passion. Aomamé n’avait absolument pas envie d’écouter ses histoires de yacht. Qui ne l’intéressaient en rien. Le roulement à billes ou les conditions de la répartition des ressources naturelles de l’Ukraine, voilà ce qui la passionnait. Elle jeta un coup d’œil à sa montre.

«Oh, il se fait tard… Puis-je vous poser une question très franche ?

— Bien sûr.

— Comment dire, c’est une question plutôt personnelle.

— Si je peux y répondre.

— Vous avez un grand zizi ? »

Il pensa un moment au sexe avec sa petite amie plus âgée. En principe, à cette heure-ci, il aurait dû faire ça avec elle. Il ferma les yeux, la tête tournée vers le plafond, et poussa un soupir gonflé de suggestions et d’hypothèses. Lui, qu’aurait-il fait ? Et elle ?

La propriétaire parlait d’une toute petite voix. Un volume sonore si ténu qu’une rafale de vent un peu forte l’aurait anéanti.

Un simple avertissement précipité annonça le départ imminent. Puis les portes se refermèrent en émettant d’énormes bruits tremblés, tels de gros animaux primitifs qui s’éveillent en s’ébrouant. Lentement, comme s’il s’était enfin décidé, le train s’éloigna du quai.

Il y avait dans ses yeux une clairvoyance intransigeante, même si son regard n’avait rien d’inquisiteur. Ses pupilles s’étrécissaient ou se dilataient. À la manière d’un photographe qui règle l’objectif de son appareil.

Les petits enfants contemplaient souvent Tengo avec ce genre de regard. Comme s’il observaient un animal rare et inoffensif. Le visage et le corps de la petite fille restaient immobiles. Seuls ses yeux s’activaient à examiner ce qui l’entourait.

 

J’espère que ces extraits vous donneront envie de lire 1Q84. Allez, j’attaque la suite.

 

 

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