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Qui est vraiment anti-système?

ÉDITO:

Au départ je voulais intituler ce post « 7 Choses que les gens à succès font avant d’aller dormir », et puis je me suis dit que cela ne satisferait personne et que mieux valait annoncer la couleur au lieu de jouer au plus malin.

Cet article est, entendons-nous, un pavé dans la marre du tout-productif et de ses dérives. J’ai eu envie d’écrire un texte qui décrirait avec un peu de sarcasme (vraiment navré) le système, ce cercle vicieux dans lequel nous nageons tous, agrippés, du bout des ongles à l’espoir d’y réchapper un jour.

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Quand je parle du système, je veux parler plus largement du monde d’aujourd’hui ; ce monde, délimité par les frontières vindicatives de l’histoire et sa loi du plus fort ; monde qu’on nous présente chaque jour comme menacé de disparition, et qui vivote encore sur l’idée d’une nation unifiée autour d’une identité commune qui ne correspond, en fait, qu’à l’expression d’une illusoire majorité.

On nous parle souvent d’un monde ouvert, d’une terre d’accueil, d’une nation — pour le cas de la France, ou des États-unis, qui serait en quelque sorte le fer de lance de l’éthique, le dernier rempart contre la barbarie. On l’imagine ce monde, gardien d’un mode de vie moral, d’une philosophie humaine, et plus important encore, d’une universalité qui fait loi partout où la lumière de la colonisation civilisation est parvenue.

C’est le système.

 

Pro ou anti?

Alors bien sûr, on est libres d’être anti-système. Mais attention toutefois! Toutes les alternatives, si l’on en croit le système lui-même,  sont malheureusement bien pires (attention sarcasme) :

  • Le terrorisme, qui va main dans la main, selon le système, avec l’islam*.
  • Le communisme, basé sur la redistribution, qui selon la pensée commune — et c’est ironique —, est injuste car il ne prend pas en compte la notion de mérite.
  • L’idéalisme, pacifisme, et autre utopie, souvent associé à l’image d’un bisounours — ? — par des individus qui, peut-être, manquent de confiance en eux.  Des gens qui se sentent en sureté seulement derrière une mitraillette.
  • Le complotisme, soi-disant repère de fous qui croient, par exemple, que l’Amérique ment pour faire la guerre. Contient aussi environ 150 millions d’illuminés (dixit le système) qui disent avoir vu des OVNIs (source ONU). Pour simplifier ; le complotisme, c’est tout ce qui, à tort ou à raison, existe en dehors du cadre admis par le système lui-même.

 

*Le saviez-vous? Le Jihad a commencé en Turquie pendant la première guerre mondiale, lorsque le calife, alors allié de l’Allemagne, appela les musulmans à se rebeller contre les puissances coloniales de l’entente (la France et l’Angleterre) pour les déstabiliser. Autrement dit, sans grande guerre, pas de jihad?https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_arabe_de_1916-1918

 

C’est ainsi, le monde extérieur et ses dangers n’attend qu’une seule chose : qu’on lui fasse confiance… (cf la chèvre de monsieur Seguin).

Heureusement! Notre bonne vieille société est là pour nous protéger.

Mais, mais, mais… il faut en respecter les règles.

  1. Il faut encourager le progrès. La société humaine doit aller vers le haut. Il est vivement déconseillé de critiquer la flèche du progrès, — ou de l’évolution si vous préférez — cette ligne pointée en diagonale vers le haut, dont l’origine est notre ancêtre, et l’arrivée… Dieu, ou son représentant légal.
  2. Il faut faire confiance à nos maîtres élus. Eux seuls sont assez qualifiés pour diriger.
  3. Il faut consommer. Nos emplettes font nos emplois, souvenez-vous!
  4. Il faut faire confiance au système les yeux fermés, même s’il est basé sur l’idée folle de la croissance*.
  5. Il faut croire en la république, et au suffrage universel.
  6. On est entièrement libre, dans le cadre des limites. (cf la constitution)
  7. Il ne faut pas demander plus, sous peine d’être un enfant gâté qui n’a qu’a aller voir en Afrique comment ça se passe.

 

*Le saviez-vous? Le capitalisme à besoin de générer chaque jour plus de richesse que la veille. C’est pour cela qu’au travail on vous en demande toujours plus. C’est pour cela qu’il faut acheter des nouveautés. C’est pour cela, bien sûr, que la cause environnementale ne prend pas. C’est pour cela, enfin, qu’on doit croire au progrès.

 

La performance.

Le système commande à chaque individu d’être performant et de créer de la richesse si précipitamment, qu’il sera impossible d’en mesurer les conséquences à long terme. L’individu, en dépit de son intelligence, n’aura pas le temps de penser, puisqu’il lui faudra ramasser le cash par terre, avant que son voisin ne le fasse.

C’est la performance.

J’ai lu quelque part que:

« La clé du bonheur est d’avoir des rêves. La clé du succès, ce sont vos rêves qui deviennent réalité. »

D’abord j’ai voulu être grossier. Et puis j’ai vu que cette phrase venait d’un site de coaching de vie, donc je me suis retenu, après tout, ce n’est pas leur faute. Ils croient vraiment à l’individualisme.

L’individualisme, c’est une notion curieuse qui voudrait que chacun voit ses rêves exaucés, sans que cela ne pose de problème pour les autres. Par exemple, si je veux posséder tout l’or du monde, cela ne pose pas de problème. Si c’est mon rêve, j’y ai droit.

Ce qui m’attriste, c’est de penser à cet anonyme, vous, moi. Cet homme, cette femme, avec qui il serait agréable de discuter, s’ils ne finissaient pas malheureusement par croire qu’il ou elle est un feignant, et qu’il ou elle ferait mieux de lire un article sur comment être plus performant au travail.

 

Ces articles du genre « 5 choses que les gens à succès font avant huit heures du matin » qu’on met dans la catégorie « développement personnel » ont la fâcheuse tendance à culpabiliser le lecteur, en lui demandant de se comparer à d’autres, qui eux auraient réussi.  On pourra lire, sur ces sites, des trucs du genre:

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Pour résumer (je cite):

  • « Ne pas réussir dans la vie c’est être coincé dans le même endroit. »
  • Ouf, « ce n’est pas génétique ».
  • « Ce n’est pas lié à l’éducation, la famille ou le contexte social » ( comprenez par là que le fils de Fillon et vous avez exactement les même chances de réussir).
  • « Pour être heureux il faut du fric, mais aussi de l’épanouissement personnel » (être beau et manger correctement) .
  • « Il y 7 choses que les gens à succès font différemment des ratés. »

Merci Jacky.

 

Faut-il condamner le système?

Souvent, quand on parle des problèmes dans le monde, on pense que l’autre est responsable. On se dit que si la situation est catastrophique, c’est sûrement à cause des autres, ceux qui ne partagent pas nos idées, ceux qui sont envieux, égoïstes, ou simplement trop cons.

Et c’est peut-être cela, la clé du mystère.

Et si le responsable ce n’était pas l’autre?

Et si le responsable, c’était le système lui-même?

Cela ferait de nous tous des coupables sans le vouloir. En effet, en obéissant au système, nous aurions sans le savoir — et je le dis sans ironie — des effets dévastateurs sur l’environnement, nous participerions aux inégalités sociales, nous encouragerions les pires d’entre nous à décider.

Parce que c’est difficile, voir impossible, de vivre heureux en se sachant coupable, il faudrait, ou tout ignorer, ou sortir du système.

Mais sortir du système est difficile.

Dans l’imaginaire de certains, cela signifie « Élever des chèvres dans le Larzac ». Cette idée infantilisante est un bon moyen de ridiculiser ceux qui souhaitent — avec courage — échapper à leur condition. Le système aime aussi ridiculiser ceux qui ont choisi de se battre pour la dignité des faibles, en les désignant comme des baba-cools, ou des hippies. C’était d’ailleurs la même technique employée avec les noirs que la société appelait « boys » (garçon / enfant) et désignait comme de grands nigauds gentillets.

Il est pourtant possible de résister.

Pour cela il faut s’attaquer aux causes des problèmes. Souvent c’est une question de vocabulaire. Il faut — et c’est très délicat — oublier ce qu’on a appris. Que signifie démocratie ? Qu’est ce que le suffrage universel direct? Que signifie fascisme?

Il faut se politiser.

Réfléchir, lire, débattre, mais surtout, surtout, désapprendre. Rien ne doit être normal, rien ne doit couler de source. Les règles sont un cadre et il faut le comprendre. C’est le seul moyen de penser en dehors des limites que le système nous fixe.

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La façon astucieuse de garder les gens passifs et obéissants est de limiter strictement l’éventail d’opinions acceptables, mais d’autoriser de vifs débats au sien de ce cadre.

 

Pour finir, je vous laisse avec deux visions sur la démocratie.

La première, c’est cette phrase de Nicolas Sarkozy:

«L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois.»

La seconde, cette vidéo du professeur Etienne Chouard.

 

Toutes mes excuses à ceux que j’aurais pu offenser dans cet article. Il est important de respecter les opinions de tous.

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