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Quand elle se donne.

Un texte de Marcel Proust, racontant la rencontre avec la femme de chambre de Mme Putbus.

Et puis au moment où elle se donna, son visage trouva une simplicité, une douceur, une jeunesse plus grande. On aurait dit qu’il lui paraissait que, donnant des baisers, elle devait y ajouter de la tendresse, de la tendresse si douce et si confiante qu’elle lui donnait l’air d’une petite fille. L’instant de la possession est celui où la femme efface tellement d’elle toute intention, toute passion, se fait si passive et si douce pour se laisser chiffonner comme une fleur qu’à ce moment-là la femme la plus majestueuse et la plus cruelle devient dans son doux sourire silencieux une femme gentille. Les êtres qui possèdent quelque privilège, quelque talent, au moment où ils le donnent, parce qu’ils se savent supérieurs, sont modestes, parce qu’ils sont heureux de faire plaisir, sont bons, parce qu’ils effacent toute recherche pour ne s’occuper que de celui à qui ils veulent faire plaisir, sont presque enfantins. Ce moment-là pour les femmes est le moment où elles se donnent.

photo couverture: Oliver Rath.

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2 réflexions au sujet de « Quand elle se donne. »

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